Oregon: région sud-est

À voir!

  • Steens Mountain
  • Kiger Mustangs
  • Dick Jenkins Visitor’s center
  • Alvord Desert
  • Route 140 au Nevada

13 et 14 mai 2015

Steens Mountain

Nous quittons le camping du parc municipal la ville de John Day pour nous rendre dans la région de Steens Mountain. En chemin, nous faisons une halte près de deux petits étangs où plusieurs Guiffettes noires tournoient au-dessus de l’eau. Alors que je prends des photos, un ornithologue-photographe m’interpelle. Rick Vetter est biologiste à la retraite. Il travaillait auparavant pour le Bureau of Land Management (BLM). Je lui pose quelques questions sur le rôle du BLM. La conversation s’engage et se prolonge. Tout en poursuivant la conversation, nous l’invitons à partager notre repas.

Rick Vetter

Rick nous explique que le BLM administre les terres publiques. L’État les louent aux agriculteurs au coût de 1,25$/bête contre 12$ sur les terres privées. C’est donc pour cela que les ranchers sont soumis aux décisions prises par le BLM. Je vous ai déjà parlé du nombre de bêtes par unité de surface dicté par le BLM. (Voir l’article précédent: Oregon: région nord-est) Certains fermiers ne respectent pas les directives du BLM. Ils font paître les bêtes trop longtemps au même endroit, les herbes qui normalement doivent être d’une hauteur minimale de 5 pouces (12 cm) n’ont parfois que 2 pouces (5 cm) après le broutage des bêtes. C’est donc pour cela qu’il y a des tensions entre le BLM et les fermiers. Ce n’est pourtant pas à leur avantage de surexploiter les terres. Rappelez-vous, j’ai déjà écrit qu’une grande partie de l’Oregon a un climat désertique. Rick compare le rendement des terres de l’Oregon à celui des terres de la Floride. Là bas,  le rendement est cinq fois plus élevé pour une même surface.

Tensions avec les fermiers, contravention aux directives, corruption pour modifier le zonage agricole, le BLM n’est pas au bout de ses peines.

Rick nous signale la présence de chevaux sauvages dans la vallée Kiger de la montagne Steens. Il nous indique, sur la carte, où on peut les observer.

Nous partons donc à la recherche des chevaux sauvages (Kiger-Mustangs) de la montagne Steens. Nous en apercevons une dizaine au loin. Ils s’éloignent. Pas de chance! Les Antilopes d’Amérique et les Colins de Californie, eux, sont plus près. Même un blaireau se montre plus coopératif que les chevaux.

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Antilope d’Amérique

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Blaireau

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Colin de Californie

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Colin de Californie

La pluie a rendue la piste très glissante. La boue recouvre les pneus du véhicule et nous fait déraper à quelques reprises. Nous décidons de coucher sur les terres du BLM dans la vallée Kiger, espérant voir plus de chevaux demain.

À notre réveil, on entend un bruit de moteur. Un tout-terrain s’approche. On salue le conducteur qui s’arrête et nous fait un brin de causette.

Chasseur d’eau

Comme je n’ai pas pensé à lui demander son nom, je l’appellerai «Chasseur d’eau» car c’est ainsi qu’il définissait son travail. Le propriétaire de la ferme pour qui il travaille possède 1 000 têtes de bétail qui paissent entre autres sur les terres publiques du BLM. Toutes les trois ou quatre semaines, le fermier, aidé de quelques cowboys, déplace les bêtes d’un pâturage à l’autre. Notre chasseur d’eau doit chercher des points d’eau afin que le bétail puisse s’y abreuver. Mais l’hiver dernier, il a peu neigé et l’eau de la fonte se fait rare. Ces bêtes sont destinées à un marché de niche : le boeuf tout naturel. Après avoir pâturé à l’herbe, sans antibiotiques ni hormones de croissance, on termine leur engraissement aux grains. Lorsque les bêtes atteignent le poids de 1 200 à 1 500 livres, elles sont envoyées à l’abattoir.

En quittant la vallée Kiger, nous nous arrêtons au Visitor’s Center tenu par Dick Jenkins.

Dick Jenkins

IMG 1112 2Dick est un ancien rancher qui a décidé d’ouvrir ce petit centre pour visiteurs dans lequel il a aménagé une section musée pour y présenter quelques photos de membres de sa famille, une partie de la collection de poupées de sa mère, de miniatures pour maison de poupées, et de poupées russes. (Voir plus bas) Dick a failli perdre son ranch il y a quelques années à cause de la présence des chevaux sauvages. Les chevaux, tout comme les antilopes d’Amérique et les Cerfs mulets, broutent les herbes que mangent également le bétail. Si les populations de cerfs et d’antilopes sont contrôlées, entre autres par la chasse, ce n’est pas le cas de la population de chevaux qui est protégée par une loi nationale. L’instigatrice de cette loi voulait protéger les chevaux sauvages du Nevada. 

En donnant notamment des conférences dans les écoles, elle a donc commencé une campagne d’information de la population sur les mauvais traitements infligés à ces chevaux. Rapidement, les enfants et leurs parents, sensibilisés au problème de maltraitance qu’on faisait subir à ces chevaux, ont fait pression sur le gouvernement du Nevada. Mais certaines personnes ne voulaient pas uniquement protéger les chevaux du Nevada, mais bien tous les chevaux des États-Unis. C’est donc ainsi que la loi a vu le jour. Cette loi stipule qu’on ne peut tuer ou vendre un cheval sauvage. C’est ainsi que la population de chevaux sauvages, sans prédateur naturel, augmente sans que l’on puisse faire quoi que ce soit. 

Mais d’où viennent-ils? Ce sont en réalité des chevaux relâchés par les fermiers à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Durant la guerre, ils servaient à nourrir les troupes. Après la guerre, la demande a diminué et les fermiers se sont retrouvés avec de grands cheptels qui ne leur servaient plus à rien. Ils en ont donc relâchés beaucoup dans la région de la montagne Steens où ils se sont reproduits. Et un beau jour, la grande population de chevaux menaçait de mettre Dick en faillite. Dick, avec l’aide d’autres ranchers, a alors rassemblé les chevaux et les a menés sur le terrain de la foire municipale de Burns. Là, il a demandé l’aide du BLM. Ce dernier a alors séparé les chevaux par couleur et les a ensuite répartis dans différentes vallées, minimisant ainsi l’impact sur les ressources naturelles. Pour diminuer le nombre de chevaux dans les vallées, le BLM a élaboré un programme d’adoption. Mais la personne qui adopte un cheval sauvage ne peut ni le vendre, ni le tuer. Le BLM paie le fermier pour qu’il nourrisse le cheval adopté sauf pour les mustangs de la vallée Kiger. Comme les mustangs sont plus beaux que les autres chevaux, ils sont également plus en demande et le BLM ne verse aucune pension pour eux. Le gouvernement dépense donc des millions par année pour entretenir les chevaux sauvages.

N’allez pas croire que Dick n’aime pas les chevaux. Au contraire, il insiste sur le fait que tous les ranchers élèvent des chevaux car ils sont très utiles, entre autres au travail des cowboys. Mais il est loin de les vénérer. Il est toutefois sensible à leur situation. Il nous rappelle que depuis deux ans, il n’y a pas assez de neige durant l’hiver. L’été, les points d’eau se font de plus en plus rares dans les vallées et les chevaux meurent parfois de soif. 

Dick est également propriétaire d’un bâtiment un peu spécial: une grange ronde, curiosité survivante du 19e siècle.

Tout près du commerce de Dick, nous nous arrêtons près d’un champ où l’on aperçoit un cheval Kiger. Les Kigers sont facilement identifiables par leur couleur caramel et la bande noire sur le dos. C’est une jument. Elle est avec un magnifique étalon très foncé qui a dû se battre car il a une vilaine plaie à l’épaule gauche. Les deux chevaux sont curieux. Ils s’approchent de nous et se laissent volontiers flatter.

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Grange ronde

Cette grange avait été bâtie par Peter French, éleveur de chevaux, dans les années 1880. Il utilisait cette grange ronde pour dresser les chevaux. L’intérieur était conçu de telle sorte que le cheval ne rencontre jamais de coin ou de mur.

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Alvord Desert

Du côté est de la montagne Steens se trouve l’ancien lac Alvord qui faisait 200 pieds de profondeur. Aujourd’hui asséché, on peut circuler sur son lit alcalin, craquelé et presque blanc. Je m’étais bien promis de camper au milieu de ce désert (oui, c’est possible) pour pouvoir prendre des photos du ciel étoilé et de la voie lactée. Malheureusement, on annonce 9 jours de pluie. 🙁

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Route 140 au Nevada

Nous quittons la région pour nous diriger vers l’ouest. Le chemin le plus rapide à partir du désert Alvord est la route 140 qui passe par le Nevada. Nous transitons donc par le Nevada pour aller de l’Oregon à l’Oregon. Oh! Surprise. Chemin faisant, le soleil se montre. 🙂

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